La formulation du Programme de Renforcement de la Formation Professionnelle (PRFP) s’est faite en deux temps :

D’abord en 2006, un comité ad hoc fut mis en place pour la rédaction de la première version du document de projet. Cette version avait prévu la construction de quatre lycées professionnels, la réhabilitation des treize centres régionaux de formation professionnelle et la mise en place du programme CAET/CAPET, programme de nationalisation de la formation des enseignants techniques. Elle visait aussi le financement d’éventuels projets rattachés au Secrétariat Permanent des Engagements Nationaux. La construction et l’équipement d’un lycée professionnel y étaient estimés à 2,8 milliards FCFA et ceux d’un centre régional à 1,5 milliard FCFA. Ce document de projet faisait une bonne estimation des coûts mais n’était pas cohérent avec les ressources financières disponibles : celles-ci ne couvraient pas les besoins.

Ensuite en 2007, la partie taïwanaise proposa une version finale qui intègre la construction de deux nouveaux centres : le centre de formation professionnelle de référence de Ziniaré et celui de formation professionnelle industrielle de Bobo-Dioulasso. La partie taïwanaise y mis l’accent sur une formation professionnelle qualifiante sensée avoir plus d’impact sur les ressources humaines et l’emploi. Le coût de construction et d’équipement d’un lycée professionnel y avait été réduit de 34% pour passer à 1,8 milliard FCFA et celui d’un centre régional de 58% passant à 0,6 milliard FCFA en moyenne. Ces réductions de coûts avaient été opérées au profit de la construction des deux nouveaux grands centres de formation professionnelle à Ziniaré et à Bobo-Dioulasso. Ce cadrage des coûts, non justifié préalablement par des études techniques, laissait entrevoir que le PRFP connaîtrait des difficultés de dépassements budgétaires durant son exécution. Cette difficulté « congénitale » du PRFP n’a pas permis de prendre en considération le financement des projets liés aux Engagements Nationaux.

La version définitive du document de projet du PRFP ne met pas explicitement l’accent sur la formation initiale des formateurs. Elle n’a pas budgétisé les besoins en formateurs dont l’insuffisance a cependant été soulignée, avec force, dans la première version.
C’est au regard des faiblesses de la formulation du PRFP, que sa contrepartie nationale, déterminée après la nomination du Coordonnateur et la mise en place des organes de gestion du programme, va essayer de combler la seconde insuffisance du document de projet, tout en respectant les obligations de la partie burkinabè, consignées dans l’Accord de subvention N°36/2007/REP.CH-BF/PRFP. Elle va consacrer plus du tiers de son montant à la formation initiale des formateurs et prévoir autant de ressources pour la viabilisation des sites destinés à recevoir les constructions et les réhabilitations prévues par le programme. En ce qui concerne la première insuffisance, celle liée à la sous-estimation des budgets des infrastructures, la partie taiwanaise s’était engagée dès fin 2007, à ajouter des ressources additionnelles.

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